Le portage salarial séduit de plus en plus de consultants et d’indépendants : le secteur a atteint 2,42 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023, avec près de 45 000 salariés portés recensés par l’INSEE. Avant de sauter le pas, une question revient systématiquement : concrètement, que reste-t-il dans la poche une fois les charges déduites ? La réponse dépend de plusieurs variables, et c’est précisément là que la simulation devient indispensable.
La mécanique des charges : de votre TJM à votre salaire net
En portage salarial, le chemin entre le chiffre d’affaires HT facturé et le salaire net versé passe par trois niveaux de prélèvement. Premier poste : les frais de gestion de la société de portage, qui oscillent généralement entre 3 % et 12 % du CA. Deuxième poste : les charges patronales, qui représentent environ 30 % du CA restant. Troisième poste : les charges salariales, soit environ 15 % de cette même base.
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Prenons un exemple concret. Pour 20 jours facturés à 500 € TJM, soit 10 000 € HT de CA, avec des frais de gestion à 5 % : après déduction des 500 € de frais, des 2 850 € de charges patronales et des 1 397 € de charges salariales, le salaire net tourne autour de 5 250 €. Soit environ 52 % du CA initial. La fourchette habituelle se situe entre 48 % et 55 % selon les situations, ce qui reste un repère utile avant de faire une simulation portage salarial détaillée avec vos propres paramètres.
Un point de vigilance s’impose : certaines sociétés de portage affichent un taux de restitution attractif mais pratiquent des frais non annoncés (médecine du travail, logiciel interne, assurance). Si le taux de restitution affiché descend sous 63 %, c’est un signal d’alerte : cela peut indiquer des frais de gestion non conformes au Code du travail.
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Deux leviers concrets pour optimiser son revenu net
Le premier levier, et souvent le plus efficace, concerne les frais professionnels. Transport, hébergement, repas, matériel : ces dépenses sont déduites du CA avant le calcul des cotisations sociales. Elles réduisent donc l’assiette de charges et augmentent mécaniquement le net. C’est un outil légal, simple à utiliser, à condition de conserver les justificatifs.
Le second levier est moins connu : l’épargne salariale. Intéressement, plan d’épargne entreprise, Perco — ces dispositifs offrent des exonérations fiscales et sociales intéressantes. Ils restent encore peu répandus dans la branche (environ 60 % des sociétés de portage n’en proposaient pas en 2024), mais se développent progressivement.
À noter aussi : le TJM n’est pas totalement libre. La convention collective du portage salarial fixe un plancher correspondant à environ 190 €/jour pour 18 jours facturés par mois (sur la base du plafond de la Sécurité sociale 2025 fixé à 3 666 €/mois). En dessous, le statut n’est tout simplement pas viable.
Pourquoi simuler avant de choisir sa société de portage
Les paramètres qui influencent le salaire net sont nombreux : TJM, nombre de jours facturés, niveau des frais de gestion, frais professionnels déductibles, tranche d’imposition. Deux offres affichant les mêmes frais de gestion peuvent aboutir à des nets très différents selon la structure réelle du contrat. Passer par un simulateur avant de signer permet d’éviter les mauvaises surprises et de comparer objectivement plusieurs sociétés de portage.
Le marché du portage salarial a pratiquement triplé en sept ans. Cela témoigne d’une vraie attente : combiner la liberté de l’indépendant avec la protection du salarié. Mais cette équation a un coût, et mieux vaut le connaître précisément avant de se lancer.

