Comment négocier avec les représentants du personnel sous nexem Convention 66 ?

La négociation collective sous la Convention collective nationale de 1966 (CCN 66) obéit à des règles de branche spécifiques et à un contexte salarial tendu. La valeur du point reste gelée, l’accord de rapprochement des champs conventionnels CCN 66 et accords CHRS signé le 22 mai 2026 n’est pas encore effectif faute d’agrément ministériel et d’arrêté d’extension. Mesurer ces contraintes avant d’ouvrir une discussion avec les représentants du personnel permet de cadrer les marges de manoeuvre réelles.

Blocage du point CCN 66 et marges salariales : état des lieux

Le levier historique de négociation dans la branche, la revalorisation de la valeur du point, est aujourd’hui inopérant. Aucune hausse officielle n’a été actée à la date du 18 août 2026 selon l’analyse de Lorixa Finance.

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Cette situation déplace l’enjeu de négociation vers la recherche de financements préalables avant toute revalorisation. Un employeur qui entre en discussion avec les délégués syndicaux ou le CSE sans poser ce cadre budgétaire s’expose à des demandes impossibles à satisfaire.

Levier de négociation Situation actuelle sous CCN 66 Impact sur la discussion
Valeur du point Gelée, pas de hausse actée Aucune marge salariale directe
Accord de rapprochement CCN 66 / CHRS Signé le 22 mai 2026, en attente d’agrément Incertitude sur le futur cadre conventionnel
Agrément ministériel des accords Obligatoire pour les établissements financés Limite la portée immédiate de tout texte négocié
Accord d’entreprise dérogatoire Possible dans le cadre du Code du travail Marge locale si financement identifié

Délégué syndical étudiant la convention collective NEXEM dans un bureau syndical avec documents annotés et classeurs de référence

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Interlocuteurs légitimes dans la négociation CCN 66

Identifier précisément qui siège à la table est un préalable que beaucoup d’employeurs sous-estiment. La CCN 66 s’inscrit dans un mouvement de fusion de branches, et les règles de représentativité syndicale s’en trouvent modifiées.

Élargissement du cercle syndical en cas de convention collective unique

Lorsqu’une convention collective unique a vocation à remplacer les textes existants, les syndicats représentatifs dans chacune des branches remplacées doivent participer à la négociation. Cette règle, confirmée par une analyse juridique d’août 2026, élargit le cercle des interlocuteurs au-delà du seul périmètre de branche initial.

Concrètement, si votre structure relève de la CCN 66 et que la négociation porte sur le futur cadre unifié, des organisations syndicales issues des accords CHRS peuvent revendiquer un siège à la table. Ne pas les convier expose l’accord à une contestation.

Au niveau de l’entreprise : CSE et délégués syndicaux

La négociation d’un accord d’entreprise dans le secteur médico-social suit les dispositions du Code du travail. Le délégué syndical reste le négociateur de droit. En l’absence de délégué syndical, la négociation peut être conduite avec des membres élus du CSE mandatés, ou avec des salariés mandatés dans les structures de moins de cinquante salariés.

  • Vérifier la désignation formelle du délégué syndical et son périmètre de mandat avant d’ouvrir les discussions
  • En cas de pluralité syndicale, chaque organisation représentative dans l’entreprise doit être invitée à la négociation
  • Documenter la convocation par écrit, en précisant l’objet, le calendrier prévisionnel et les informations transmises

Agrément et extension : la contrainte propre au médico-social

Négocier un accord dans le secteur associatif sous CCN 66 ne suit pas la même logique que dans le secteur marchand. Un accord signé ne produit pas d’effet tant qu’il n’a pas reçu l’agrément ministériel prévu par le Code de l’action sociale et des familles, pour les établissements dont le financement dépend de fonds publics.

Cette distinction entre agrément et extension est souvent mal comprise par les représentants du personnel. L’agrément conditionne l’opposabilité financière de l’accord aux financeurs (ARS, conseils départementaux). L’extension, elle, rend l’accord applicable à l’ensemble des employeurs du champ, y compris ceux qui n’adhèrent pas à Nexem.

Un arrêté d’agrément ne suffit pas, à lui seul, à garantir l’application effective d’un texte. L’accord de rapprochement CCN 66 / CHRS illustre cette réalité : signé, mais pas encore opposable faute d’agrément et d’extension.

Ce que cela change pour la préparation de la négociation

Avant de proposer des mesures qui engagent un budget (primes, repos supplémentaires valorisés, aménagements du temps de travail avec compensation), il faut anticiper le délai d’agrément. Annoncer une mesure en réunion CSE sans avoir vérifié la faisabilité auprès du financeur crée une attente qui se transforme en conflit social si l’agrément est refusé ou retardé.

Groupe de représentants du personnel et responsables RH en discussion informelle dans le couloir d'un établissement du secteur médico-social avant une réunion de négociation

Accord d’entreprise sous CCN 66 : sur quoi négocier concrètement

Le gel de la valeur du point ne signifie pas que la négociation est vide. Plusieurs thématiques restent ouvertes au niveau de l’entreprise, à condition de les articuler avec les contraintes de financement.

  • L’organisation du temps de travail (annualisation, aménagement des horaires atypiques) constitue un levier qui ne dépend pas directement de la valeur du point
  • Les congés supplémentaires, notamment les congés pour enfants malades, font partie des sujets régulièrement inscrits à l’ordre du jour de la CNPN
  • La complémentaire santé et la prévoyance, encadrées par des avenants spécifiques à la CCN 66, offrent une marge de discussion sur le niveau de garanties et la répartition employeur/salarié
  • Les critères de déroulement de carrière et la reconnaissance de l’ancienneté peuvent être précisés par accord d’entreprise, dans le respect du socle conventionnel

Chaque thématique doit être reliée à un chiffrage budgétaire. Présenter un chiffrage précis aux représentants du personnel crédibilise la position de l’employeur et réduit le risque de blocage sur des demandes déconnectées du financement disponible.

Préparer la transition vers le futur cadre conventionnel

Le projet de convention collective unique porté par Nexem vise à remplacer la CCN 66, la CCN 79 et les accords CHRS par un texte unifié. Tant que l’agrément et l’extension ne sont pas publiés, la CCN 66 reste le texte applicable.

Les négociations d’entreprise menées aujourd’hui doivent intégrer cette incertitude. Un accord d’entreprise signé sous CCN 66 pourrait devoir être renégocié ou adapté si le nouveau cadre conventionnel modifie les règles de branche sur les thèmes abordés. Prévoir une clause de revoyure liée à l’entrée en vigueur du futur texte protège les deux parties.

Le calendrier reste imprévisible. Les employeurs qui documentent leurs échanges, formalisent leurs propositions par écrit et conservent une trace du lien entre chaque mesure négociée et son financement se placent dans la position la plus solide, quel que soit le cadre conventionnel qui s’appliquera demain.

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