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James Merry : Des marques dans la nature !

Vous connaissez mon amour pour la broderie. De plus en plus tendance, cette pratique n’est plus réservée à nos grand-mères. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas lu, je vous invite à découvrir mon article sur le parcours d’Amy Jones, fondatrice de Jonesie.

La mode a fait de cette technique la star des podiums. De fil en aiguille, les dernières collections printemps-été des grandes enseignes se sont faites recouvrir de lettrages et de végétations brodés.

En parallèle de ce marché, un artiste joue lui aussi avec les marques et le fil. Mais, cette fois ici, il s’agit de pièces uniques, de véritables œuvres d’art.

 

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Avec ses broderies, faites à la main, James Merry s’approprie les logos des marques de sport emblématiques. L’artiste, reconnu depuis 2009 pour les incroyables costumes de scène qu’il crée pour la chanteuse Björk, livre à travers la broderie un travail personnel tout aussi symbolique.

 

Tout débute comme une évidence. Autodidacte, James, nostalgique de la nature verdoyante de son Islande natale, se met à reproduire des motifs végétaux sur ses t-shirts de sport vintage. Résident alors à New-York, il souhaite remettre un peu de nature dans son paysage urbain.

Instinctivement, il se met alors à broder des fleurs autour des symboles de sa vie citadine : les logos de célèbres marques urbaines. « La broderie de végétaux est ma forme de protestation très polie et très anglaise contre la ville. » confie l’artiste.

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Il faut dire que James Merry est fasciné par la végétation.

Pour lui un bourgeon annonce avant tout la naissance, la vie. C’est le mix parfait entre botanique et anatomie. Du coup, sur ses vêtements qui semblent sans vie, produits à la chaine, la nature reprend ses droits. C’est un peu comme la mousse qui recouvre le sol des lieux désertés, révélés grâce à l’urbex. L’artiste souligne, ” Vous pouvez sentir la profondeur de l’émotion qui accompagne chaque broderie. C’est bien au-delà du logo – cela me rappelle les bâtiments qui ont été laissés vacants et où la nature a pris le relais.

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D’ailleurs, la spontanéité est telle que James Merry ne fait pas d’esquisses au préalable sur le tissu. A main levée il brode comme il dessine, laissant ses végétaux prendre petit à petit racines.

En plus du choix des motifs, la broderie à la main impose une pause poétique dans l’agitation new-yorkaise.

 

Car pour cette pratique il faut prendre son temps – jusqu’à trente-cinq heures pour finaliser un sweet – rester concentré, calme. Des adjectifs que l’on n’associe pas instantanément à l’effervescence de la grosse pomme.

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Il explique, « mon objectif est de trouver un moyen pour des choses extrêmement opposées existent côte-à-côte : l’urbain face au rural, la machine face à l’artisanat, l’humain face à la nature. Je suis à a frontière où survient le chevauchement. C’est le moment où une chose se transforme en une autre. Il y a une dimension post-apocalyptique, qui n’était pas prémédité au début, mais j’adore ce résultat. C’est comme si le paysage urbain représenté par les vêtements de sport a été détruit et que la nature était venue le réclamer, grandissant à travers toutes ses fissures. »

 

D’ailleurs, l’artiste est plus inspiré dans des espaces isolés.

C’est dans cette nature que l’artiste est le plus à l’aise pour créer. Son lieu favori ? sa banlieue natale de Reykjavik, en Islande. Il s’installe alors dans la mousse, qu’il compare à une moquette confortable. Dans ces conditions il peut passer jusqu’à dix heures par jour à broder des vêtements de sport vintage.

Prendre pour support des vêtements griffés n’est pas anodin.

 

Ayant travaillé pour Damien Hirst, le choix de déconstruire des symboles de la grande consommation semble une évidence. D’ailleurs, chaque pièce crée par l’artiste semble une référence à son parcours et ses belles rencontres professionnelles.

En effet, on image aisément Björk porter ces pièces vintage réhabilitées. Car chaque sweet semble être conçu pour une Alice aux pays des merveilles qui hésiterait entre se rendre à un vernissage dans une galerie d’art contemporain ou mettre quelques paniers sur un terrain de basket urbain.

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