La somalie a toujours besoin de notre aide… et celle des médias !

Il y a quelques semaines, je publiais ici un article nommé «  les influenceurs s’engagent pour #lovearmyforsomalia … et nous aussi ! ». Evidemment, je vous ai parlé de Jérôme Jarre, mais l’ensemble de l’article visait à vous informer sur l’urgence sanitaire en Somalie.

Vous avez très bien entendu cet appel à l’aide, que vous n’avez pas hésité à partager. Mais surtout, vous êtes nombreux à avoir participé à la cagnotte en ligne, que vous avez également relayée sur les réseaux sociaux. Merci à vous tous !

 

Depuis, je regarde assidûment le fil d’actualités de l’influenceur sur ses réseaux sociaux. Souvent, je suis troublée par ses appels à l’aide, notamment auprès des médias qui ne semblent pas toujours y répondre.

 

Si le pays s’apprête à choisir aujourd’hui son nouveau / nouvelle président(e), nous ne pouvons pas rester concentré sur l’hexagone, en fermant les yeux sur le monde.

Alors je fus particulièrement contente de voir que France 2, soit France Télévision, avait décidé de mettre en lumière ce pays aux portes de la famine, dans son « Complément d’enquête » jeudi 4 mai 2017.

Jerome Jarre en était d’ailleurs, lui-même, plutôt fier :

 

Pourtant à la lecture du titre du reportage et du descriptif un malaise s’installe :

JEROME JARRE : LE CHEVALIER BLANC

Ce Français star des réseaux sociaux a réussi à récolter 2,5 millions de dollars pour combattre la famine en Somalie. Qui est-il ? Un reportage de « Complément d’enquête ».

Il s’est fait un nom grâce à ses vidéos humoristiques, bienveillantes, jamais subversives… A 26 ans, Jérôme Jarre est une figure incontournable sur Twitter et YouTube, capable de mobiliser ses 8 millions de fans sur une cause oubliée comme la famine en Somalie.

As du « storytelling »

Comment ce jeune Savoyard sans diplôme est-il devenu un héros des réseaux sociaux, une star en France et aux Etats-Unis, ami de Ben Stiller et d’Omar Sy ? Enquête sur un Frenchie au grand cœur, as du storytelling.

Un reportage de Rola Tarsissi.

 

La réaction du jeune homme ne se fait pas attendre.

Et comme il faut bien plus de 140 caractères pour exprimer son désarroi, il n’hésite pas à publier plus de 70 tweets, étayés de preuves à l’appui, pour rappeler qu’il n’est qu’un maillon dans la chaine de solidarité incroyable qui s’est mise en place avec la Love Army.

Je vous propose donc une compilation de ces messages pour prendre conscience de l’urgence en Somalie, mais aussi la difficulté à diffuser l’information par voix de media en France.

 

 


C’EST L’HISTOIRE DE MON EXPÉRIENCE AMÈRE AVEC QUELQUES MÉDIAS FRANÇAIS ET CERTAINES ASSOCIATIONS « HUMANITAIRES »


 

 

Peut-être l’avez-vous vu, il y avait un reportage sur France 2 avant-hier soir dans Complément d’enquête, sur notre mission en Somalie

Reportage positif qui racontais ma vie. Merci aux journalistes. Je n’ai pas pu le voir en entier depuis l’étranger mais voici les retours :

 

Même si je sais que l’émission a voulu bien faire, ils me placent sur un piédestal et parle peu de la Somalie. C’est dommage.

Voilà la 1ere conversation que j’avais eu avec eux. J’ai tout de suite insisté sur le fait que je ne souhaitais pas que ce soit tourné autour de moi.

 

Pour une raison évidente, lorsqu’on me tourne en pseudo héros on oublie que la Love Army c’est 85,000 donateurs, pas un effort individuel. Et en France la Love Army a été propulsé par Natoo par Cyprien par Omar par Norman par Yvick et tous ceux qui ont relayé le mouvement !!

Comme mon texto le dit bien, je ne suis que la colle entre toutes les personnes qui participent, rien de plus. Pourtant le reportage était orienté autour de ça. Ce côté « célébrité », même avec des extraits de show TV américains de 2013. Dommage.

 

Je sais que les journalistes de France 2 avaient de bonnes intentions et on fait un portrait honnête alors je ne vais pas m’éterniser. Mais quand j’ai répondu à ces journalistes, c’était avec l’espoir que ça aiderai la crise en Somalie. Pas pour glorifier mon image.

Vrai problème à noter : Le titre du reportage. « JEROME JARRE, LE CHEVALIER BLANC »…. le pire titre qui aurait pu être choisi.

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Faire de l’humanitaire en Afrique en tant qu’homme blanc est déjà plein de clichés et à une mauvaise image, pour des raisons évidentes. Et cette crainte de « white savior » avait fait déjà fait parler sur les réseaux. Ce n’est clairement pas l’état d’esprit Love Army.

On souhaite véritablement aider les somaliens. Pour cela il faut être humble et à l’écoute, et demander: comment est-ce qu’on vous aide ? On ne peut pas débarquer dans un pays à l’autre bout du monde et prétendre que l’on sait de quoi ces personnes ont besoin.

C’est pour cela qu’on a choisi plutôt de bosser avec l’asso américaine ARC qui est gérée 100% par des somaliens en Somalie ! Mon choix aurait été de travailler directement avec des assos 100% somaliennes, mais avec de l’argent levé aux Etats-Unis c’est malheureusement illégal de le transférer directement à une asso 100% somalienne (…)

Toute la nourriture que nous distribuons en Somalie est achetée ici, en Somalie ! Pour soutenir l’économie locale. Bref les associations occidentales ont commis des erreurs, surtout en Afrique, et on subit un peu la mauvaise image qu’ils ont laissé.

Pour clarifier je ne me plains pas de complément d’enquête. C’est simplement le focus «portrait» qui n’aide pas vraiment la Somalie.

Ce n’est pas la 1ere fois que je tentais de rediriger un journaliste vers ce qui compte. Voici une conversation avec un journaliste de libération

 

Peut-être un peu arrogant dans mes réponses, mais je savais bien que dans tous les cas il n’acceptera pas. Alors je me suis amusé 🙂

 

Point plus important: Il y a 1 mois, un journaliste de Slate m’approche pour une interview…. Je sens qu’il n’a pas de bonnes intentions mais je démarre quand même une conversation avec lui pour lui donner un max de contexte.

 

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Sans surprise le titre de l’article tombe « En envoyant du Riz en Somalie, Jerome Jarre n’a vraiment pas compris le travail des ONG »

Or nous n’avons jamais envoyé du riz en Somalie. C’était seulement notre plan pendant 48 heures lorsque l’on démarrait la mission. Rapidement nous nous sommes adaptés sur place et le journaliste le savait puisque le tweet auquel il fait référence ici expliquait cela :

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En arrivant en Somalie on a découvert qu’envoyer de la nourriture de l’étranger n’est pas la bonne manière d’aider un pays. La bonne manière d’aider un pays est d’acheter localement. Alors c’est ce qu’on a fait ! Et le journaliste le savait.

Vous pouvez voir ici mes conversations avec le journaliste de Slate. Je n’ai rien à cacher.

 

 

Pire que ça, l’article insinue même qu’il s’agirait en fait d’une campagne publicitaire pour Turkish Airlines.

 

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Et c’est facile de lancer ces rumeurs, puisque j’ai un passé de publicitaire, j’avais monté en 2013 une entreprise de pub à New York. J’ai même déjà travailler avec Turkish Airlines, et c’est comme ça que je savais qu’il répondrait rapidement à notre hashtag !!

Bref ces journalistes insinuent que je fais de la publicité cachée. Chose illégal pour un créateur web. Surtout sur le dos d’une mission « humanitaire ». Une accusation assez grave. Et fausse bien sûr.

Après une lettre d’avocat, Slate a modifié le titre de l’article en enlevant « En envoyant du riz » et ont publié mon droit de réponse :

Absurdité de devoir perdre du temps là-dessus. Alors que des millions de personnes meurent de faim. Et que ces journalistes n’aident pas. Eh oui cet article de Slate vous ne verrez aucune recommandation pour aider la Somalie. Aucun lien pour faire un don. Nada. L’ironie d’un article qui m’accuse de faire de la publicité c’est les bannières publicitaires autour de leur article. Ils sont forts.

 

Mais assez parlé de Slate venons-en au vif du sujet…

Le point commun entre Slate et France 2 c’est que les 2 ont interviewé le porte-parole d’Action contre la faim, Jean-François Riffaud. Dans Slate JF recommande de «confier votre don à des professionnels du monde de l’humanitaire qui sauront en faire le meilleur usage.»

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En gros il vaudrait mieux leur faire confiance à eux. Super esprit. À croire que l’humanitaire est une compétition.

Sur France 2 ce Mr va plus loin en disant que contrairement à nous, leur donateur « savent à qui ils donnent » et « recevront des comptes ». Pourquoi insinuer que nos donateurs ne savent pas à qui ils donnent ? Au contraire grâce aux réseaux sociaux toute distribution est partagée. Et lorsque la mission sera finie on postera tous les reçus. Transparence. C’est le pari fou que l’on a fait avec vous depuis le début.

Je ne connais ni M Riffaud ni les actions de Action Contre la Faim mais je trouve troublant qu’il attaque notre initiative dans 2 médias. Du coup j’ai fait quelques recherches… comme tout bon journaliste devrait le faire.

En quelques clics sur Google je découvre que le salaire de la CEO d’Action Contre la Faim aux USA est de plus de $200.000 par an !! Yep.

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Le lien au cas où un journaliste lit cette thread et voudrait connaître mes sources : https://t.co/ZSR1pr3w1v

Je trouve aussi des interviews assez incroyables de l’ancienne présidente France qui a démissionné depuis.

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En mon humble avis, personne ne devrait se rémunérer 200,000 dollars pour un Job « humanitaire ». Je comprends qu’il faille gagner sa vie, mais la pauvreté ne devrait jamais devenir un business ou une manière de devenir riche.

De mon côté (pour clarifier ce point), je vis des économies que j’ai faite lorsque j’avais créé mon entreprise de publicité en 2013.

Je suis conscient du privilège. Beaucoup veulent faire de l’humanitaire. J’espère un jour que Love Army permettra à beaucoup de le faire. Vu que je ne me paye pas qu’on n’a pas de locaux pas d’employés pas de rien du tout.100% de l’argent levé est dépensé en eau et food ! Ca semble logique mais c’est révolutionnaire. En 1 mois on a distribué 400 tonnes de nourriture. Et 2 millions de litres d’eau !

Rappelez-vous y a 1 mois et demi on avait l’idée de remplir un avion. Un avion cargo c’est 60 tonnes. On a fait + et c’est que le début.

 

Love Army aide plus de 30,000 personnes tous les jours en Somalie. On réussi parce qu’on se remet en question. C’est le vrai secret. En quelque sorte nous avons réussi à créer un modèle humanitaire complètement décentralisé où l’argent levé est 100% redistribué. Direct. Sans locaux, sans employés, sans véhicules de fonctions, sans coût de sécurité. Le président somalien nous laisse utiliser sa sécurité.

Bref on se débrouille. Comme des jeunes. Et on n’a pas peur de travailler 15 heures par jours. Notre rêve c’est de pouvoir se faire tout petit. Qu’il y ait ceux qui donnent (vous) et ceux qui reçoivent (somaliens) Pas d’intermédiaire.

 

D’ailleurs on a découvert en Somalie que presque toutes ces personnes qui manquent d’eau et de nourriture ont accès à un téléphone (les anciens nokia tout basic) Soit le leur, soit c’est celui d’un ami dans le village. 90% du temps on est capable d’en trouver un. Et chacun de ces téléphones a un « portefeuille virtuel » dessus que les somaliens utilisent pour se payer entre eux. Alors qu’en Europe et aux US nous utilisons toujours les billets cela fait un moment que les somaliens sont passé à la monnaie virtuelle.

Ils n’avaient pas le choix à cause de l’inflation et lorsqu’il fallait des liasses de billet pour acheter un repas… Ce portefeuille virtuel est devenu naturellement la solution à ce problème.

 

En Somalie on peut donc envoyer de l’argent entre 2 téléphones simplement par un texto. Tout le monde s’en sert.

Et si on utilisait ce système pour distribuer des micro-donations et que les somaliens puissent directement acheter leur nourriture? Ça semble fou mais c’est possible. On a demandé à pleins de village si ça marcherait et ils sont unanime: ce serait beaucoup plus simple.De cette manière plus besoin de transporter la nourriture, d’assurer la sécurité du convoi etc, chaque habitant pourrait s’en occuper.

Et si on pouvait convaincre une entreprise de téléphone de nous donner un smartphone par village? Comme on a fait avec Turkish Airlines.

Et que des créateurs des nouveau-media venaient apprendre à une personne par village à faire de belles photos/videos des habitants?

Et que chaque donneur (vous) était alors connecté directement à un somalien via les réseaux sociaux?

2 thoughts on “La somalie a toujours besoin de notre aide… et celle des médias !

  1. Tu vois je connaissais Jérôme Jarre et la LoveArmy de nom seulement, et je ne savais pas du tout ce qu’ils faisaient en Somalie. Suffit de rater le portrait de France 2 et de retourner regarder les infos un coup et paf, plus personne ne parle de ce qu’il se passe là-bas. Et franchement vu le concentré de tweets que tu nous a montré, on n’a pas l’impression que les médias s’en préoccupent de beaucoup. C’est juste un autre moyen de dire « euh ouiii, alors y a ce Youtubeur, ben regardez comme on est gentil on va vous le faire découvrir vu que personne en France ne le connais ». #mercilesmédias

    En tout cas merci pour cet article très informatif 🙂

    Aimé par 1 personne

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