J’ai rencontré Irène Olczak, fondatrice de Paulette Magazine

Rendez-vous, au fond d’une jolie impasse parisienne, dans les jolis locaux – style atelier – du web-magazine féminin et bimestriel papier Paulette. Irène Olczak, la fondatrice, m’accueille chaleureusement. Direction le jardin d’hiver où une bouée flamant rose et de jolies petites tables de jardins couleurs pastelles semblent attendre la prochaine fête. Attention, si fun et créativité sont au programme, cette rencontre va également me permettre de vous distiller de véritables conseils pour ceux qui rêvent d’entreprendre. Car Irène n’est pas une fille comme les autres.

teaser numéro 32 réalisé par Le studio PANDA

 


Paulette, la fille d’une Super-Entrepreneuse nommée Irène


 

Irène semblait avoir un destin tout tracé. Après avoir fait l’école d’art appliqué Olivier de Serre (Paris) – où elle étudie le graphisme, la publicité et la direction artistique – elle se lance dans une carrière de directrice artistique en agence. Pendant trois ans, elle travaille dans des agences de publicité de toutes tailles. Comme la majorité d’entre nous, Irène commence au poste de stagiaire – « Pendant cette période j’ai fait aussi beaucoup de freelancing. J’assistais des directeurs artistiques », me confie-t-elle – avant d’être titularisée.

Alors que sa carrière semble se lancer, Irène ressent que sa véritable vocation est d’entreprendre. « C’est dans ma personnalité je pense. Je suis un chef d’équipe. J’aime beaucoup partager ma vision. » m’explique-t-elle.

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L’année de ses 24 ans, cette envie prend le dessus. Irène prend une grande décision : se mettre à 100% sur son projet.

 

« Mon projet, assez ambitieux, ne suscitait, selon moi, aucune demi-mesure ». Irène quitte donc son emploi, « J’avais déjà la projection de ce que je voulais faire et ça ne pouvait pas se faire un petit peu tous les soirs », et retourne vivre chez sa mère.

Pendant six mois, Irène construisait de son côté l’ADN de son magazine féminin.

Elle imagine un magazine différent et indépendant pour répondre aux attentes d’une génération qui ne se retrouve pas toujours dans la presse féminine.

En juin 2009, Irène crée un profil Facebook au nom de Paulette Mag.

 

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A l’époque les pages fans ou groupes Facebook n’existaient pas. « Je n’avais pas de communauté, c’étaient des amis d’amis » confie Irène. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’entrepreneuse n’a pas pour objectif de vendre un produit, ni même un service à ses amis virtuels. « J’avais pour idée de rencontrer des gens pour leur présenter le projet. Car la finalité était de m’entourer de personnes avec des compétences multiples. Car derrière un magazine, ce sont des personnes de compétences et de métiers différents. Des plumes, des photographes, des stylismes, des commerciaux… ». Irène, n’étant pas issue d’un cursus rédactionnel, identifie dans son business plan les multiples profils qui lui seraient indispensables.

Pour trouver ces perles rares prêtes à l’aider, Irène a alors l’idée de créer des rendez-vous, comme des meet-up, où elle invite ses amis de la page Facebook à la rencontrer dans un café. « Plusieurs fois par semaine je retrouvais des inconnus qui venaient au point de rendez-vous pour m’écouter pitcher le concept de Paulette. Je leur présentais mes moodboards. A la fin, je demandais aux personnes présentes s’ils avaient envie de rejoindre l’aventure. ».

 

Grace à ce principe, culottée, Irène constitue son équipe, dont certains membres, sont même devenus aujourd’hui, ses associés. Avec son enthousiasme communicatif et sa volonté sans borne, tous ses collaborateurs – qui travaillaient par ailleurs – s’impliquent bénévolement dans le magazine.

En parallèle son compagnon, Sofiane Boukhris, co-founder de Paulette, et ingénieur informatique de formation, monte sa propre boite de développement web et application mobile. Avec ce soutien technique, en octobre 2010, Paulette mag voit le jour sous la forme d’un webmagazine : www.paulette-magazine.com.

Pour trouver les plumes du webmagazine, Irène s’appuie sur l’expertise d’une de ses amies d’enfance, au profil journalistique.

 

En 2011, Irène souhaite plus que jamais, éditer une version papier.

Mais, la communauté de Paulettes, grandissant sur le web, elle décide de la consulter, car prendre une telle décision n’est pas anodine. Si créer un site internet est (presque) à la portée de tous, ce n’est pas le cas pour éditer un journal grand public.
Les lecteurs étant enthousiastes, Irène fait la tournée des investisseurs et des banques… mais personne ne souhaite prendre le risque d’investir sur un nouveau support indépendant papier. D’autant qu’à ce moment, la presse écrite, s’apprête à prendre un virage numérique pour compenser la baisse des ventes en kiosque.

 

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais la force d’Irène, est de savoir fédérer du monde autour d’elle, et de prendre des risques.

 

Elle propose alors à son lectorat de s’abonner à la version papier … sans même l’avoir vu ! « Si on atteignait un certain nombre d’abonnement ça lançait le magazine. C’était l’opération « Paulettomètre »» m’explique-t-elle. L’opération est un succès. « On a eu 5 000 abonnées très rapidement et ça nous a permis de lancer le magazine papier, tous les deux mois, par abonnement, uniquement ».

 

En octobre 2011, le premier numéro papier, “Chamane” est tiré à 5 000 exemplaires, et commence sa diffusion en concept-stores partout en France, jusqu’à atteindre, fin 2012, 18 000 exemplaires de tirage et une cinquantaine de points de vente.

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Le concept : une thématique à chaque numéro, des jeunes créateurs, des bons plans, des jeunes talents, pas de supers stars, mais des lectrices modèles.

Fin 2012, alors que le magazine connait un succès d’estime, l’équipe de Paulette n’a pas encore trouvé le modèle économique adéquat. « On n’était toujours pas payé et on n’avait toujours pas de bureau ».

 

En véritable chef d’entreprise, Irène identifie qu’il faut aller chercher les marques, donc sortir le magazine en kiosques pour vendre des espaces publicitaires.
Cependant n’ayant a pas les moyens financiers d’un tel projet, Irène décide de faire appel à sa communauté, une seconde fois. Cette fois-ci, en novembre 2012, Paulette invite ses lecteurs à une levée de fonds participative par le biais de MyMajorCompany. La première campagne de crowfunding pour une entreprise, et non pour un artiste, débute. L’objectif : levé 25 000 euros en deux mois, pour sortir dans toute la France, 25 000 exemplaires de Paulette, en kiosque. « En réalité, on a levé 35 000 euros avec 2 000 contributeurs » s’enthousiasme encore Irène.

 

Résultat, en février 2013 le 8e numéro “Cosmique” sort en kiosque à 25 000 exemplaires – dans la continuité des numéros distribués jusqu’alors, par abonnement.

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La vente de ce premier numéro grand public permet de financer le numéro suivant. Malgré ce succès auprès du public, l’année 2013 reste difficile pour Irène. En effet, les marques restent frileuses – dans l’attente de voir si cette nouvelle publication est pérenne – et les espaces publicitaires ne rencontrent pas toujours le succès escompté. «Et puis on n’avait toujours pas de bureau » souligne Irène.
Le constat est imparable, il est difficile de vivre d’un titre indépendant par cette seule activité. Irène ouvre donc les horizons de sa petite entreprise.
« On a permuté vers l’idée de créer une agence intégrée au magazine. En janvier 2014, on lance officiellement l’agence de communication Maison Paulette, spécialisée dans l’univers féminin & 2.0. Une entreprise qui a pour but de créer du brand content pour les marques. »
Au bout de six mois, grâce à ce nouveau modèle, la société commence à se développer économiquement.

 

En juillet 2014, Paulette a ses premiers bureaux, rue du Faubourg-du-Temple, dans le 11e arrondissement de Paris.

 

« Si l’équipe était toujours en freelance, ils étaient maintenant payés tous les mois. Ce qui a fait passer Paulette Magazine d’un projet associatif à une entreprise » souligne Irène.

 

En fin 2015, Irène réaffirme sa volonté de ne pas devenir une agence de publicité.

Malgré le succès de la Maison Paulette, la finesse d’Irène est de toujours veiller à ne pas perdre son identité de média indépendant. L’important pour l’entrepreneuse est avant tout d’appuyer son pouvoir de prescriptions.
Si le brand content reste au coeur de la stratégie de l’entreprise, il n’est plus question de 100% de projets en marque blanche. « Les contenus sont tous portés par une idée Paulette, et sont diffusés au sein de nos supports. Aujourd’hui, 90% des projets sont co-brandés » m’explique-t-elle.

 

Aujourd’hui, Irène a trois salariés, et de nombreux talents en freelance, à ses côtés.

Des créateurs que l’on retrouve dans « L’Atelier Paulette », label qui permet de mettre à disposition des annonceurs, les talents les plus adaptés à leur projet.

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Crédit illustration : Morgane Ogier pour Paulette Magazine

 


Paulette fête ses 30 numéros et prend de nouvelles résolutions !


 

 2017 est une année charnière pour Paulette. « On a terminé l’année 2016 avec un numéro spécial, le numéro 30. »

 

Un anniversaire qui se fête en kilos de paillettes, mais aussi en maturité. Tout comme nous, pour Paulette cet anniversaire est un cap à passer. Le passage à la trentaine est un moment où l’on prend le temps de regarder ce que l’on a accompli, mais surtout où l’on se lance de nouveaux défis dont celui d’être bien dans ses baskets.

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L’édition collector « Carma » un joli clin d’œil au premier numéro.

 

Irène explique, « On a fait le constat, cette année, que notre cible avait vieilli. Notre cible globale est 15-35 ans. Mais le coeur de cible a changé. Avant c’était 18-25 ans, aujourd’hui notre coeur de cible est 25-35 ans ». Le lectorat a grandi avec Paulette.

Pour être en adéquation avec ses envies et ses coups de coeur du moment, le magazine se refait donc une beauté et pas des moindres !

 

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Les changements sont multiples : un format plus grand qui rentre dans notre sac, mais aussi sur notre étagère de beaux livres, un nouveau logo qui souligne la spontanéité, une couverture aérée et nude qui mêle classe et nonchalance. Si la maquette est nouvelle, le fond n’a pas bougé. On y trouve toujours des bons plans, une mode accessible et des bonnes adresses. « C’est avant tout un magazine d’inspiration. On a donc laissé la part belle à l’image et aux rencontres. On a fait monter en gamme la maquette, plus premium, plus adulte » explique Irène.

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Grâce à cette nouvelle formule, les supports – digital et papier – sont devenus complémentaires. « L’idée est de mettre des sujets plus pratiques et viraux sur le site web et de publier sur papier des dossiers qualitatives, afin que le magazine puisse devenir un bel objet que l’on a envie de garder et de collectionner » souligne Irène.
Personnellement, j’en suis fan !

 


Paulette en 10 mots !


 

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FÉMINISTE

SOIRÉE 

MODÈLE

CHINÉ

FAIT MAISON

PAILLETTES

MODE

CINÉMA

 30 ANS

AGENT D’ARTISTES

 


DÉCOUVREZ COMMENT IRÈNE A FAIT SES 10 CHOIX !


 

 

Pour voir le résultat, direction votre kiosque à journaux 😉
*et n’oubliez pas de me raconter, en commentaire, ce que vous avez pensé de cette nouvelle formule.

makeitnow.fr - Histoire d'entrepreneur - INTERVIEW PAULETTE MAGAZINE

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7 thoughts on “J’ai rencontré Irène Olczak, fondatrice de Paulette Magazine

  1. hello.
    J’ai adoré ton article. Paulette fait parti de mes magazines inspirant de références. J’adore l’esprit, le style redactionnel et j’y découvre toujours quelques choses. Ravie d’en savoir plus sur sa créatrice. Merci à toi

    Aimé par 1 personne

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