J’ai rencontré Charlotte Cadé, co-fondatice de Selency

Ces derniers jours la marketplace communautaire Brocante Lab, dédiée à la décoration, a beaucoup fait parler d’elle. Entre levée de fond et l’annonce d’un nouveau nom, il était grand temps de taper à la porte des bureaux de Selency – nouvelle signature – au cœur de Paris. Le rendez-vous est pris, quelques étages plus bas du célèbre bar Le Perchoir, pour en savoir plus.

C’est Charlotte Cadé qui m’ouvre la porte. Souriante et très chaleureuse elle me propose de m’installer dans l’un de ces beaux canapés qui semble en être, au moins, à sa seconde vie. Une atmosphère cosy nous enveloppe et le courant passe immédiatement entre fans de déco.

A seulement 27 ans, Charlotte est une entrepreneuse ambitieuse qui connaît déjà un grand succès. Le site, qu’elle a fondé avec Maxime Brousse – son associé également dans la vie, a déjà tout d’un grand. On y trouve des moodboard, un blog, des ventes privées, une offre B to B pour les professionnels et son fameux e-shop de décorations et mobiliers vintages.

En seulement deux ans, l’équipe de 20 spécialistes est prête à accueillir de nouveaux membres, les projets se multiplient et l’identité s’affirme !

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ENTREPRENDRE PAR PASSION


Charlotte c’est avant tout une passionnée de déco. Si son CV indique déjà une belle expérience dans le secteur du commerce, et du e-commerce, ce n’est pas l’envie d’entreprendre qui a été son moteur, mais belle et bien sa passion et un peu de frustration aussi.  En effet, Charlotte passait beaucoup de temps à chiner des objets sur leboncoin ou sur Ebay. La tâche était fastidieuse. Le nombre de pages scrollées pour trouver une pépite semblait interminable. Sans compter que la qualité du produit n’était pas toujours au rendez-vous.

En septembre 2014, Charlotte décide de répondre à son propre besoin : continuer à s’inspirer au quotidien – comme elle le faisait sur Pinterest – et acquérir facilement et rapidement des pièces uniques. Le but ultime : s’inspirer, écrémer les pièces moyennes pour garder que le meilleur et acheter. L’idée de créée un « tout en un » dédié à la décoration et l’ameublement est née.

Si le besoin en tant qu’acheteur est clair, Charlotte doit creuser un peu plus loin pour définir si la valeur ajoutée est tout aussi importante du côté vendeur. Elle fait alors le tour des brocanteurs et se rend compte que, plus qu’une envie, digitaliser la profession est nécessaire. Elle leur propose alors son offre qui permet de mettre en valeur leur savoir-faire et leur identité, sans être noyé dans le flux d’annonces de particuliers qui existent sur les sites de vente trop généralistes.

La machine est lancée. Les vendeurs comme les acheteurs, mais aussi les investisseurs, soutiennent l’initiative.

Une réussite guidée par la passion de Charlotte qui ne faiblit pas. Tout comme de nombreux clients elle achète aussi sur Selency ce qui valide le bon fonctionnement du site qui continue de répondre à un réel besoin. « C’est difficile de ne pas craquer. Je craque mais après je revends deux mois plus tard et je rachète autre chose. Je fais tourner ma déco ».

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TOUR D’HORIZON DES DERNIERS CHAMBOULEMENT


Après une première levée de fonds de 500 000 euros, bouclée en avril 2015 – qui a permis à Brocante Lab de se positionner comme l’une des start-up françaises les plus prometteuses du marché – en novembre 2016 l’équipe diffuse un nouveau communiqué. La marque vient de lever trois millions d’euros. Si cette annonce est accompagnée d’une nouvelle identité, en réalité, les deux événements sont distincts. Le coup de communication est des plus malins, son passé de marketeuse n’y est sûrement pas pour rien.

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Une startup qui voit grand

Parce que Charlotte et Maxime ne se contentent pas du minimum, pour continuer d’accélérer le business, et structurer l’équipe par de nouveaux talents, la levée de fonds était nécessaire. Pour se faire, les jeunes entrepreneurs se sont fait accompagner par le fond d’investissements Kima Ventures, cofondé par Jeremie Berrebi et Xavier Niel que l’on ne présente plus. Un objectif atteint qui leur permet aujourd’hui, non seulement de voir plus grand, mais aussi d’être plus performant. Ainsi, en plus du site responsif, une application mobile verra le jour au premier semestre 2017. Un moyen de communication qui s’adapte au challenge que Brocante Lab, nouvellement Selency, s’apprête à franchir.

Un nom comme une définition

Charlotte me confie « Après 2 ans de développement, on s’est rendu compte que notre nom était un petit peu éloigné de notre positionnement. Mais surtout qu’il pouvait parfois nous empêcher de faire des choses. ».  En effet, le terme « brocante » peut être réducteur. Certaines personnes y voient un fourre-tout proche du vide-grenier, où il faudrait fouiller parmi des objets poussiéreux, qui sentiraient le renfermé, pour trouver l’élément déco idéal. Autant dire, tomber sur une aiguille dans une botte de foin. Alors que cette définition est l’exact opposé de BrocanteLab !

Ce constat n’avait déjà pas échappé au milieu de la mode. Depuis quelques temps, la « brocante » a laissé place au « vide-dressing » pour évoquer une prestation de meilleure qualité où l’on ferait inévitablement des bonnes affaires.

« Des bonnes affaires », voilà une autre expression, associée inconsciemment au site, qui porte à confusion, dès l’origine.

Si le nom BrocanteLab permettait de comprendre que l’on peut faire des affaires, et parfois même de négocier, la volonté de Charlotte et Maxime était d’« élargir notre champ d’action et réaffirmer notre première valeur : la sélection ». En proposant une sélection de pièces d’occasion à tous les prix, de 10 à 10 000 €, les pièces de brocanteurs côtoient celles des antiquaires et des galeristes qui ont eux une marchandise très haut de gamme. Or ces professionnels pouvaient se sentir peu concernés, par peur que de ne pas retrouver leur public sous la bannière Brocante Lab.

C’est partant de ce constat que les fondateurs sautent le pas, et décide de changer l’appellation de l’entreprise. Non, Brocante Lab n’a pas été rachetée mais souhaite au contraire affirmer son positionnement !

Brocante Lab devient officiellement Selency.

« Avec ce nouveau nom nous réaffirmons donc notre identité d’une sélection tres globale de mobilier et déco. » explique Charlotte.

Une signature inspirationnelle qui démontre que derrière la marketplace, tout un univers est présenté. De plus, l’ambition étant de faire rayonner l’art de vivre à la française à l’international le nom se devait d’être au minimum prononçable 😉 .

Evidemment il y a les nostalgiques, ceux qui diront « c’était mieux avant », mais la majorité des fans sont déjà conquis. Sans compter que ce nom saura sûrement toucher un tout nouveau public. Car, en donnant une nouvelle griffe à l’entreprise, qui exprime bien plus que la notion de service, la startup semble vouloir s’imposer comme un nouveau label.

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BIEN PLUS QU’UN SITE D’E-COMMERCE UNE VISION 


La qualité avant tout !

Selency – signature plus neutre, mais qui défend un véritable positionnement – permet de certifier auprès du grand public, comme des professionnels, la qualité des pièces choisies. A l’heure où les plateformes de vente entre particuliers fleurissent, s’appuyer sur un service qui sélectionne les produits, n’est pas anodin. On a tous eu un jour la boule au ventre avant d’ouvrir un colis, par peur que l’objet ne corresponde pas à la description.

Avec Selency plus de mauvaises surprises ! « Tous les produits sont passés au crible. On a trois critères clés : le premier est qu’il faut qu’il y ait plusieurs photos de bonnes qualités et qu’elles montrent tous les détails de l’article. L’objectif est d’avoir une représentation la plus proche possible de la réalité Deuxièmement, le style doit, lui aussi, rentrer dans l’une de nos catégories. Enfin, nous examinons la qualité du descriptif. On incite le vendeur à raconter l’histoire de l’objet » explique Charlotte.

Si vous n’êtes pas encore rassuré par ces formalités, sachez que la majorité des vendeurs sont des professionnels. Une équipe est d’ailleurs dédiée à dénicher des pépites, des supers-marchands en France comme à l’étranger.

Raconter de belles histoires

Mais, bien plus que de vendre des objets, Charlotte m’explique que développer une communauté de passionnés est indispensable. L’inspiration est le meilleur déclencheur pour passer à l’acte d’achat sur le site. Pour Charlotte le produit est la conclusion de notre navigation dans un univers qui nous inspire.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les premières références évoquées par l’entrepreneuse sont les nouveaux médias lifestyle. Ainsi le pan éditorial, par le biais du blog ou des newsletters par exemples, est fondamental. Reconnaissable par un ton frais et jeune, proche de My Little Paris, les communications de Selency séduisent un public mûr tout comme les plus jeunes qui sont ravies de se sentir (enfin) concerné.

Brocante Lab a été dès l’origine prescripteur dans ce domaine, en faisant la promotion de l’univers de la décoration. Aujourd’hui Selency accompagne notre quotidien.

Inspiré de Pinterest, les sélections sont répertoriées par thématiques.  Si chaque objet à son histoire et s’apprête à vivre une seconde vie auprès d’un nouvel acheteur, le « vintage » est loin d’être le seul style inspirationnel sur le site. Ainsi on plonge dans des atmosphères « scandinave », « industriel », « classique », « art déco », « ethnique » ou « design ». De quoi répondre à toutes les envies, de 7 à 77 ans ! Cette mixité de styles correspond à tous les publics. Si les trentaines semblent séduits par le vintage, les 40-50 ans, eux, sont plus friands du style classique, design ou scandinave par exemples.

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AU CŒUR DE LA TENDANCE


En plus d’afficher un nouveau potentiel de label, Selency apporte un service qui s’inscrit particulièrement dans les problématiques de notre société.

Des brocanteurs 2.0

Une attention toute particulière est accordée aux brocanteurs, qui avaient d’ailleurs inspiré le nom d’origine.  L’ambition étant de moderniser et de digitaliser un secteur très traditionnel. Etre marchand ou brocanteur est particulièrement physique, et demande un réel investissement : remballer, déballer, aller d’un point de vente à un autre. Or ces contraintes ont finalement empêché la profession d’évoluer. Pendant que les acheteurs se ruent sur leur clavier plutôt que de se lever à l’aube pour fouiller sur les étals, les brocanteurs eux continuaient d’exercer leur métier de façon plutôt old school. Sans pour autant révolutionner la profession, Selency a offert à ces professionnels une nouvelle perspective. Le site est un formidable complément de ventes.

De plus, les équipes du site leur apporte une véritable plus-value. Ils sont accompagnés pour la vente, mais aussi sur le suivi de leur chiffre d’affaires par exemple. Une démarche qui fait ses preuves et qui permet d’attiser la curiosité des brocanteurs. « Aujourd’hui un tiers des professionnels viennent d’eux même » souligne Charlotte.

Car l’intérêt pour la décoration, et notamment le vintage, a évolué à vitesse grand V. Un intérêt qui s’explique également par une nouvelle façon de consommer.

La seconde main

Acquérir des objets d’occasion est devenu une véritable tendance de fond. On recherche toujours la pièce unique, on customise, mais surtout on ne veut plus se formater au diktats de la grande distribution. Dans un même temps, on se rend compte que l’on peut faire tout cela en respectant l’environnement, en consommant moins, mais mieux ! Selency s’inscrit dans ce cercle vertueux où on ne souhaite pas se priver, mais faire évoluer notre garde-robe ou notre décoration, sans pour autant stocker et accumuler. C’est pourquoi le site permet également aux particuliers de vendre sur le site. L’idée étant de faire évoluer notre décoration au gré de nos envies. Un bel achat peut ainsi être rentabilisé, car on peut le revendre par la suite, sur le site… avant de recraquer de nouveau !

Une consommation responsable qui permet de prendre part à une nouvelle économie. Or, l’un des acteurs de cette nouvelle forme de consommation sont les jeunes adultes.

La déco l’hobbit d’une nouvelle génération ?

La décoration fait aujourd’hui partie du quotidien de la majorité d’entre nous. Même les plus jeunes en ont fait l’un de leur passe-temps favori. Une nouvelle tendance qui a envahi le web. Sur les blogs des personnalités les plus influentes, les rubriques déco fleurissent et les « home tour » – qui consiste à filmer la décoration de son appartement sur Youtube – font partie des formats les plus prisés de la plateforme de vidéos en ligne.

Dans un même temps, des corners « spécial décoration maison » ouvrent dans les enseignes jusqu’alors réservées à la mode. Les magasins, très populaires auprès d’une cible jeune, tels que Pimkie, New Look ou H&M font ainsi référence.

Pourtant, du côté des médias, le pas n’est pas encore tout à fait franchi. Aujourd’hui encore, les spécialistes de la décoration restent très traditionnels. Selency a donc pour vocation de bousculer les habitudes en proposant une offre sélective et des inspirations pointues, diffusées sur un ton léger où prime la proximité.

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SAVE THE DATE


Nouvelle identité oblige, Selency sort de sa zone de confort – la belle vitrine du site – pour se confronter en direct à son public.

Car en plus de promouvoir les belles pièces de tiers, l’entreprise a aussi pour vocation de faire résonner son nom. S’il n’y a pas d’annonce de créer sa propre collection, Charlotte souligne l’importance des collaborations. « L’idée est de garder ce qui fait notre essence : l’exclusivité, et la pièce unique ». Sans devenir une firme d’objets déco, produits en série, plusieurs produits portant le label Selency seront ainsi développés en éditions limitées.

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Pour retrouver cette sélection, deux rendez-vous sont à ne pas manquer. A vos agendas ! On les retrouve au rez-de-chaussée du Bon Marché, jusqu’au 31 décembre 2016, sous la forme d’un corner, au cœur de la galerie imaginaire.

 

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Pour rester connecté, une borne iPad sera à disposition en plus de la sélection présentée, comprenant : bureau classique, chaises dépareillées, dames jeanne, globes terrestres, machine à écrire… Mais aussi des produits brandés Selency : bougies parfumées, carnets en tissu entièrement faits main, cabas en feutre, et flacons de thé.

L’occasion idéale de toucher de belles matières et de sentir la chaude odeur du bois, et repartir les bras chargés de cadeaux, à quelques semaines de noël.

En plus de cette deuxième édition au Bon Marché, la startup s’apprête à créer l’événement en ouvrant son propre pop-up store au cœur du haut marais, pendant tout un weekend, les 3 et 4 décembre prochain.

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Nommée « La maison d’hiver » Selency prendra ses quartiers au 123 Rue de Turenne 75003 Paris, dans la Galerie Joseph, de 10h à 18h. Une sélection de pièces haute gamme, de mobilier, et de décoration, seront présentes dans ce lieu cosy, chaleureux, coloré et ultra connecté, de 170 m2.

Car, pour affirmer la marque, il faut aussi avoir un relais physique, et rencontrer son public.

 

Enfin, pour s’inspirer avant de passer à l’achat, sachez que Selency a également développé un service BtoB pour accompagner des restaurants, des hôtels ou des bureaux. L’objectif ? Rendre l’espace chaleureux grâce à des pièces chinées pour eux. La dizaine de projets de décoration et d’aménagement, déjà réalisés, saura vous confirmer la qualité des objets à dénicher sur le site !

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Un grand merci à Charlotte pour son accueil chaleureux et la transmission de sa passion qui s’exprime particulièrement bien dans sa sélection du jour :

Découvrez d’autres histoires de créateurs et d’entrepreneurs

makeitnow.fr - Histoire d'entrepreneur - INTERVIEW SELENCY

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4 thoughts on “J’ai rencontré Charlotte Cadé, co-fondatice de Selency

  1. Attention aux internautes de « l’étranger », même proches de la France.
    Très très difficile de se faire livrer! Très compliqué!
    Je pense que leur politique, malgré ce qu’ils pourraient espérer, ne marche qu’en France! Ils ne livrent pas à l’étranger!!!

    J'aime

    1. Merci pour cette information. Tous les avis sont très importants.
      Je ne manquerais pas de leur remonter le commentaire et si j’ai une réponse à vous apporter je n’hésiterais pas à vous la partager 🙂

      J'aime

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