Elle s’est faite agresser sexuellement… mais elle était habillée comment ?

Elle s’est faite agresser sexuellement… mais elle était habillée comment ?

Vous allez me dire que le titre de cet article est «légèrement » racoleur… et pourtant pas tant que ça ! Cette phrase a été entendue par bon nombre de victimes d’agression sexuelle, au point même de devenir banal (help).

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C’est partant de ce constat qu’une étudiante en photographie, Katherine Cambareri, a décidé de faire de cette question le cœur de son projet de thèse.

Pendant l’été, j’ai lu Missoula de Jon Krakauer, et ça m’a vraiment révoltée de voir combien les affaires d’agressions sexuelles sont traitées de façon injuste“, explique l’artiste au Huffington Post.Ce livre m’a vraiment ouvert les yeux sur la manière dont on culpabilise les victimes et les questions qu’on leur pose sur ce qu’elles avaient bu ou ce qu’elles portaient au moment de l’agression.

De telles questions visent à protéger le coupable plutôt que la victime“, continue-t-elle. “Je trouve aberrant que les survivant(e)s soient parfois accusé(e)s avant même d’avoir pu raconter leur histoire. Je voulais faire quelque chose pour montrer l’absurdité de ces questions.

Des propos souvent justifiés en rappelant que l’objectif de ces questions n’est pas nécessairement de justifier l’inacceptable mais de trouver une explication ou de démontrer, à contrario, que l’acte est inhumain. Dans une logique qui consisterait à penser qu’il n’est pas humain de faire quelque chose sans raison.

Or la réalité est tout autre, oui l’humain peut être parfois atroce et commettre des actes sans qu’il y ait un quelconque déclencheur de la victime ! Car si on ne prend pas en compte ce paramètre on entretient « la culture du viol » encore très ancrée dans nos sociétés. L’étude Ipsos commandée par l’association “Mémoire Traumatique et Victimologie”, révélée le 2 mars dernier, démontre que 40% des sondés considèrent que la responsabilité du violeur diminue si la victime a une attitude “provocante”. Ils sont également 27% à dédouaner le violeur sous prétexte qu’il a pu être tenté par une jupe, un mini-short ou un décolleté porté dans un lieu public.

La photographe répond à ces préjugés en exposant ce que portaient des étudiantes victimes d’agression sexuelle dans sa série de photos Well, what were you wearing ?” (“Qu’est-ce que tu portais ?” en anglais).

 

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En voyant ces photos le malaise est palpable. Car, oui, il n’y aucune explication rationnelle au fait d’être agressé !

La société part du principe que les victimes sont en tenue légère lorsqu’elles sont agressées“, explique l’artiste. “J’ai vraiment l’espoir que ces images mettent les gens mal à l’aise“, ajoute-t-elle. “Je veux qu’ils pensent à la culpabilisation des victimes et comprennent que demander ce que la personne portait n’est pas une question valide, parce que la victime ne ‘cherche’ jamais à être agressée. L’agression sexuelle a lieu parce que quelqu’un a décidé d’agresser quelqu’un d’autre, un point c’est tout.

J’espère que les spectateurs sont capables de se mettre à la place des victimes, de s’imaginer en train de porter les vêtements que j’ai pris en photo“, conclut-elle. “Il est important d’offrir aux gens de nouvelles perspectives, pour mettre fin à la stigmatisation et briser les stéréotypes.”

Sur ces clichés aucune mise en scène, utopie ou idéalisation. Katherine Cambareri a pris contact avec de réelles victimes sur Facebook pour réaliser sa série de photos.

Des photographies sobres mais très fortes qui chamboulent tous les préjugés. Même si on aurait aussi aimer voir dans ce portfolio des tenues plus féminines et sexy pour montrer qu’aucune tenue n’excuse de tels comportements et interroger le spectateur “l’ont-elles bien cherché ?”. Une question que l’on entend également pour « justifier » le harcèlement de rue comme l’explique si bien Marion Seclin pour Madmoizelle.com  :

ou la Youtubeuse Shera Kerienski :

shera-kerienski-agressions-conseils

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